vendredi 28 décembre 2007

Le mythe de l'amérique "ultra-libérale" - Partie 1

On entend fréquemment nos intellectuels français, de toutes les tendances politiques, se gargariser d’une France aux antipodes de cette amérique libérale, ultra-libérale, néolibérale, ultra-capitaliste ou je ne sais quels autres termes extrêmes. Ce serait donc ce libéralisme qui serait la cause de tous les maux sur terre et ceci justifierait donc la régulation de l’économie par l’état qui serait le seul garant d’une soit disant « cohésion sociale ».
Le plus risible dans cette affaire, c’est que ces vociférations sont devenues le pain quotidien d’une intelligentsia qui ne mérite pas son nom.

Serait-ce de l'ignorance? de la mauvaise foi? Le mystère demeure! Pourtant, en investiguant un minimum sur le sujet, il est facile de faire tomber cette supercherie intellectuelle.
J’essaierais donc, dans une série d’articles, de présenter la ligne politique des USA au cours du siècle dernier, et je commence dès aujourd’hui avec l’avènement du progressisme et la présidence de Woodrow Wilson.

Après une ère libérale prospère tout au long du 18 siècle et du début 19e siècle, les Etats-Unis entament le 20e siècle sous la bannière du progressisme.
Afin de financer la guerre civile, le parti républicain, sous la houlette d’Abraham Lincoln, engage un bon nombre de mesures protectionnistes en rupture avec les traditions libérales américaines. Le corporatisme, L’augmentation des droits de douanes et la suspension de l’étalon-or sont les prémices de l’ère progressiste et social-démocrate dans laquelle les États-Unis baigneront tout au long du 20e siècle.
Le président démocrate Woodrow Wilson, ardent défenseur d’une économie régulée, crée en 1913 la Federal Reserve : la banque centrale américaine. La FED – Federal Reserve – permettrait, selon ses supporters, de stabiliser et de réguler ces marchés en y injectant des liquidités quand ses acteurs font face à des difficultés. Ce mécanisme est peut être, à première vue, salvateur, mais favorise une spirale inflationniste dangereuse entraînant une baisse du pouvoir d’achat des tranches les plus modestes de la population. L’autre cause souvent inavouée des gouvernements mettant en place une banque centrale, est que celle-ci peut se révéler un outil permettant le financement de projets publiques coûteux sans avoir recours à des mesures impopulaires de hausses d’impôts.
Cette politique monétaire sera utilisée, en combinaison avec une augmentation massive d’impôts (L’impôt sur le revenu atteint plus de 70% pour certains américains) pour financer la première guerre mondiale.

Je vous invite d'ailleurs à regarder ce documentaire très instructif réalisé par le "Ludwig Von Mises Institute" sur l'inflation et le rôle des banques centrales.



Theodore Roosevelt et son successeur Wilson, sont également à l’origine d’une redéfinition la politique étrangère des Etats-Unis, qui pose les jalons d’une vision impérialiste du monde.
En dépit d’une plateforme anti-guerre lors de sa réélection en 1916, Woodrow Wilson entre dans la première guerre mondiale aux cotés des alliés. C’est avant tout pour lui une manière de propager les valeurs de la démocratie, et de prêcher l'auto-determination des nations.
Les conséquences de cette guerre en matière de libertés individuelles sont désastreuses. En mai 1917, la conscription est approuvé par la congrès : tous les américains de 21 à 30 ans sont réquisitionnés de force pour servir l’armée des états unis . Toujours sous l’impulsion de Wilson, de nombreux textes de lois liberticides sont adoptés. L’ "espionnage act"et surtout le "Sedition act" visent à renforcer le patriotisme national et punissent lourdement tout citoyen américain critique ou dissident à l’égard la politique de son pays. C’est également sous l'impulsion des progressistes qu'est passé le « volstead act » qui institue la prohibition.

La fin du 19e siècle et le début du 20e sont donc caractérisés par une forte expansion du gouvernement fédéral américain, aussi bien dans l’économie que dans la vie de ces citoyens, violant, par la même occasion, ses libertés individuelles.
Ces valeurs ne sont en rien compatibles avec le libéralisme et s’inspirent d’une vision sociale-démocrate voir socialiste du monde.
D'ailleurs,
Cinquante ans plus tard, un certain nombre de transfuges du parti démocrate américain s’inspireront des idéaux impérialistes de Wilson afin de construire une nouvelle forme de conservatisme : le néoconservatisme.

Aucun commentaire: